Le centre hospitalier de Rodez organise une nouvelle conférence « Parlons santé » ouverte au grand public et aux professionnels autour de la thématique « expériences de la douleur – comprendre et accompagner la douleur » le mardi 2 juin à 18h30, Salle 7-77 à Olemps.
Cette soirée, animée par David LE BRETON, sociologue, s’adresse aux professionnels de santé, associations, personnes aidantes, ainsi qu’à toute personne confrontée à la douleur et à la souffrance. L’entrée est gratuite.

Au programme :
- Le vécu de la douleur : une expérience singulière : L’accompagnement et l’environnement de soin impactent la manière dont la douleur est vécue. Ainsi, la douleur est toujours vécue de manière particulière, personnelle à chacun.
- La relation à l’autre : un complément essentiel au soin – l’importance de l’entourage dans le parcours de soin : La relation à l’autre peut être considérée comme un complément au soin lui-même, au traitement médical, pour atténuer la souffrance physique et psychologique.
- Apprivoiser sa douleur pour mieux vivre avec : La patient peut faire la démarche de “s’approprier” sa douleur, en utilisant par exemple les techniques de relaxation et d’hypnose, ce qui permet d’avoir un effet antalgique sur la douleur.
La conférence sera suivie d’un temps d’échanges et de partage d’expériences avec le public.
David LE BRETON est professeur de sociologie à l’université de Strasbourg. Titulaire de la chaire « Anthropologie des mondes contemporains » à l’Institut des Études Avancées de l’université de Strasbourg (USIAS). Auteur de plusieurs ouvrages sur la douleur : Anthropologie de la douleur (Métailié), Expériences de la douleur. Entre destruction et renaissance (Métailié), Tenir. Douleur chronique et réinvention de soi (Métailié) ou encore “Cicatrices. L’existence dans la peau” (Métailié).
« La douleur n’est pas celle d’un organisme, elle ne se cantonne pas à un fragment du corps ou à un trajet nerveux, elle marque une personne et déborde vers son rapport au monde, elle est donc une souffrance. Le mal de dent n’est pas cantonné à la dent, elle bouleverse en profondeur la totalité de l’existence, elle est toujours morale. Une douleur subie (maladie, torture, etc.) provoque une souffrance qui n’a rien à voir avec celle induite par des activités décidées par l’individu (marathon, sport extrême, body art, etc.). Paradoxe des adolescents qui se font mal pour avoir moins mal à travers les scarifications qu’elles s’infligent. La souffrance cristallise toujours un contexte de signification pour l’individu. »